association de plantes qui dépassent rarement le stade d'arbustes

 

 La lande (parfois appelée « Dorne » ou « Les dornes » dans le nord de la France) est une association de plantes qui dépassent rarement le stade d'arbustes et poussant sur des milieux pauvres, souvent acides et oligotrophes. Les arbres, les pins, y ont été introduits par l'homme ou sont apparus spontanément après la disparition de grands et petits herbivores sauvages ou d'élevage.

 

 Présentation 

Dans la lande européenne, on retrouve surtout des bruyères, des genêts, des buis et des ajoncs. On retrouve des landes sur toute la zone tempérée. En France elles se situent principalement dans le Massif central et le Massif armoricain. En Allemagne, la lande la plus connue est la Lüneburger Heide (landes de Lünebourg).

Selon le substrat rocheux et la localisation on peut différencier deux types de lande : la lande silicicole et la lande calcicole.

 

La lande silicicole 

La lande silicicole, lande mésophile ou waste1 se développe dans les régions côtières au climat océanique, humide toute l'année avec des températures modérées. La faiblesse de l'insolation réduit la minéralisation, la litière est peu abondante et acide. Le lessivage est important. Les sols sont acides (pH voisin de 4) et peuvent donner des podzols.

L'origine de cette formation est double. Le vent gêne la croissance des arbres (forte évaporation, bris des rameaux) et le lessivage réduit leur alimentation. Mais le surpâturage des moutons et l'abus des feux de régénération de la lande pour éliminer les bruyères afin de favoriser les ajoncs, profitent aux espèces végétales acidophile telles la canche et la molinie. L'horizon superficiel, mal protégé peut être emporté par le ruissellement.

Cette formation comprend différentes bruyères (Erica tetralix et Erica cinerea), des ajoncs (Ulex minor et Ulex europaeus), la callune, la canche flexueuse (Deschampsia flexuosa) et l'hélianthème. Dans les lieux humides s'y adjoignent les sphaignes, la drosera et la molinie bleue (Molinia caerulea).

D’autres espèces coexistent : le Brachypode penné (Brachypodium pinnatum) qui supplante la Molinie, la Fougère aigle (Pteridium aquilinum), la Serratule des teinturiers (Serratula tinctoria) ou encore la Germandrée scorodoine (Teucrium scorodonia).

Quelques espèces d'arbres, telles que le châtaignier, certains saules, l'arbousier ou le chêne tauzin supportent également les conditions de sol très dégradées des landes. Le chêne vert est notamment utilisé pour stabiliser les dunes sableuses du littoral atlantique Français.

 

Le cas particulier des « landes calcicoles »

Les landes dites calcicoles se développent dans les bassins sédimentaires, sur des terrains calcaires surtout exposés au Sud (bassin de Paris et bassin de Londres). Ce sont des pelouses sur sols minces (de type rendzine).

Leur végétation typique est une pelouse formée de la seslerie (Sesleria caerulea), le brachypode (Brachypodium pinnatum), l'hélianthème (Helianthemum), la coronille (Coronilla varia), l'aubépine (Crateagus oxyacantha), le genévrier (Juniperus communis)...

 

État, pressions, menaces 

Les landes acides et humides et les landes à Bruyères sont localement protégées (elles abritent de nombreuses espèces menacées ou protégées), mais sont en fortes régression dans les zones où elles sont pour des raisons géologiques ou climatiques en limites d'extension (par exemple dans le nord de la France, sur les reliques de milieux acides d'origine tertiaire).
Les principales menaces sont l'urbanisation ou la mise en culture avec apports d'intrants, les apports d'engrais (y compris via les pluies) qui sont une cause d'eutrophisation et de recul des bruyères et d'autres plantes des milieux très oligotrophes (droseras par exemple dans les landes humides), le recul des pâturages extensifs ou la disparition du lapin de garenne qui entretenait des pelouses et landes rases.
Les apports de calcium (sous forme d'amendements calcaires ou de gravats riches en ciment, chaux..) sont aussi des causes de régressions des espèces de landes acides, dont les bruyères. De nombreuses landes humides ont été victimes d'un drainage et parfois d'incendies successifs et d'une forte érosion et minéralisation des sols (tourbeux, paratourbeux y compris) suite à leur assèchement.


Voir aussi 

Voir « lande » sur le Wiktionnaire.

Articles connexes

Directive Habitat
Tourbière
Réseau écologique paneuropéen
Trame verte et bleue
Garrigue
Maquis (botanique)
Biodiversité

 

Lien externe

Le maintien de la fertilité des sols landais.

 

Sources

Elhai (Henri), Biogéographie, Collection U, Armand Colin, 1968 Paris

 

Notes

↑ Définitions lexicographiques [archive] et étymologiques [archive] de « bruyère » du CNRTL.

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